Lignes de fuite

28 Janv. 2022 | Affûter

You got to have the courage

Dans >> la création de ma routine d’actrice <<
J’ai noté comme action “apprendre du texte tous les jours”.

Do you have the courage

Mais plus que d’apprendre du texte et me confronter à une langue qui n’est pas la mienne, tous les jours, j’ai réalisé ce matin,

(tu sais, ce moment où tu penses qu’une chose est évidente parce que tu l’as entendu et tu l’entends depuis toujours mais l’information reste bloquée là-haut dans ton cerveau et il arrive un jour où cette même information se diffuse dans tout ton corps sans savoir trop pourquoi, un déclic, de façon fulgurante, comme un éclair, et puis tu l’expérimentes, ça se passe dans ta chair… Tu vois ? Voilà, c’était ça.)

To act outwardly on what you see inwordly ?

j’ai réalisé donc, plus précisément encore, qu’il fallait que je créer depuis ces textes, des passerelles entre eux et moi.

Or will you die dreamer ?

Plus que de l’apprendre, c’est ça que je dois comprendre. Intégrer. Ancrer. Ressentir la viscéralité. De le dire. De la parole. De le faire entendre, de le faire sonner. (L.A) De reconnecter et reconvoquer mon corps aux sensations que me procure le texte. Sans faire écran. sans déployer mon armure intégrale. Acceptée d’être touchée. Retrouver mes sens.

Will you die on the verge and on the edge in the land of coulda / woulda / shoulda

Qu’est ce qui me lie intimement avec ces récits, ces propos, ces personnages et comment j’utilise mon imagination pour créer ce que je ne connais pas et le transformer en un état de jeu ?

It takes courage to be successful

Le faire le refaire et le re-refaire encore pour qu’à chaque découverte d’un nouveau texte, les liens se fassent de plus en plus rapidement. jusqu’automatiquement.

It is far easier not to be successful

Ça c’est un bon plan à intégrer à ma routine. Plus précis.

If you don’t want to make waves be mediocre

Je voudrais quand même revenir sur le fait de se laisser être touchée – de se laisser traverser par – comme dirait Delphine Eliet (merci l’Ecole du Game)

Be normal and fit in

Hier soir donc, pendant ma routine quotidienne je lisais un livre sur le training des acteurs

Parce qu’avant j’étais – je suis toujours en réalité – activement à la recherche d’un coaching, d’un coach, d’une badass de coach. Et en fouillant un peu, j’ai découvert Susan Batson. J’ai lu son livre, Truth, que je ne peux que recommander, d’ailleurs.

Et en ce moment, je le relis.
Je sentais que j’en avais besoin.
Et je tombe sur ce passage :

“In his book The Psychology of Emotions, Ribot (Theodule) observed that human beings store emotions and physical sensations along with the event that created those feelings. Memory and consciousness, Ribot said are a complex, ever-changing melody of emotions, sensations, and events from the past that play counterpoint to what experience in the present. Ribot coined the term “affective memory” to describe how our brain constantly revisits and recreates old hurts, fears, joys, and passions as we experience similar evens in the here and now”

“The truth of the actor’s own life – the sights, sounds, feelings, sensations, thougths, and dreams you carry inside of you – are what stock the memory and fuel the imagination. It’s a waste of an actor’s personal resources not to utilize the energy and authenticity of their own life. And it would not be art if the actor didn’t lift that experience with their imagination. Sense Memory is a complement to the imagination, not an alternative to it. Imagination has to have fact and experience on which to feed. Sense Memory can provide those key ingredients” […] “If you reach outside of yourself for how an emotion should look, you’re not being truthful. First comes the sensation. If the sensation is strong and honest, an actor will naturally communicate that emotion. sensation first – everything else after”
Susan Batson

J’ai commencé un projet en septembre dernier, qui a tout du projet parfait, du moins celui dont je puisse rêver : le sujet est important, la personne représentée est badass, ce qui est dénoncé est d’utilité public, un super process de création, le désir de travailler avec cette metteuse en scène, l’équipe d’actrices de dingue, que j’aime, à la tech’ idem.
Bref, aucune tâches au tableau.

Et pourtant il y avait cette chose qui faisait que j’étais hors de ce projet. Incapable à décrire, incapable à dire. Incapable à exprimer, à nommer. Un comble quand tu fais ce métier. J’étais là mais pas là. En dehors. Absente. Je cherchais des lignes de fuite, partout, tout le temps. tout était un bon prétexte pour prendre la porte de sortie et m’échapper.

Mais ce que je fuyait plus que tout, c’était ma propre personne. C’est elle, dont j’avais aussi peur. J’étais effrayée par moi-même.

If you’re more concerned about people than you are God, then neutralize everything he put into you, just fit in everybody else

Par ce que je pouvais ressentir, par ce que je pouvais dire, par ce que je pouvais faire et par ce qu’elles pourraient penser. Alors j’ai appuyé sur le bouton arrêt et je suis devenu un automate. Ce qui m’a fait encore plus peur. De savoir que j’avais coupé mon rapport à mes émotions. À mes sensations, uniquement par peur d’être submergée et de ne plus pouvoir contrôler, j’ai préféré coupé mon humanité.

dress like them, walk like them, act like them, eat like them

Évidemment c’était indescriptible et ça se manifestait par bien des choses. Autant dire que ça a été compliqué à gérer. Pour moi, pour elles.

go where they go, think like they think, do what they do

Le tableau de base étant posé, la question maintenant c’est : c’est quoi ce délire de toujours amoindrir ce qui nous traverse ? Rapetisser. De toujours vouloir calmer une forte émotion, de toujours vouloir tout le temps nous réguler, se réguler : sa joie, sa peine, sa colère, son amour, sa vulnérabilité, soi, quoi. Se médicamenter pour se réguler ? Mais sois toi ! Se saboter pour moins ressentir, pour ne plus ressentir ? Se matraquer pour “être une personne normale” entrer dans la “norme sociale”. Vraiment ? Fuck en fait.

C’est quoi la beauté de la vie sans ses tsunamis émotionnels ?

and once you’ve neutralized your uniqueness you don’t need courage.

Si tout le monde explorait ses singularités en arrêtant de vouloir se conformer dans un mimétisme constant de l’autre, par peur de l’exclusion, sûrement, peut-être qu’on découvrirait tous les jours des trésors insoupçonnés dans chaque personne.

It takes courage to be different

Au final, on se coupe trop facilement de qui on est.

It takes courage to go where you’ve never gone before

Et on s’équipe d’une armure emprunte de multiples masques sociaux. Plus le temps passe, plus ça nous colle à la peau. Et plus il est difficile de la retirer. Et le monde, filtrés par nos yeux remplis d’effroi perds petit à petit de sa chaleur et devient froid.

It takes courage to get you outside of the box

C’est pour ça que j’ai paniqué.

Do you have the courge to stand there ’til the storms keep raging and the people get to talking and you stand there and say you’ve come too far to turn around, do you have the courage ?

It takes courage to be exceptional

Quand je me suis rendu compte que je commençais à être contaminée par cette malade qu’est la peur de vivre que je vois autour de moi.

It takes courage to be wise

J’ai eu peur quand je nous vois ne plus réussir à relâcher, lâcher prise, lâcher la pression, exprimer nos émotions.

It takes courage to be educated

Et ne plus savoir dealer avec notre vulnérabilité. On sort tout de suite la combinaison de survie. l’armure cinq étoiles. Oui, c’est aussi notre amie, elle nous protège des intrusions mais forme à l’exclusion, on peut lui dire de temps en temps d’aller prendre l’air pour nous laisser respirer, ouais, se laisser faire pour renouer avec notre humanité.

It takes courage to be knowledgeable

Alors il faut trouver des solutions à cette pénurie des sens, le jeu en est une. Puissante.
Le plaisir du jeu. Retrouver le plaisir.
Et envoyer de la joie, en jouant, aux gens.
C’est ça ma solution.
C’est ça le pouvoir de ce métier.
Et c’est ça qu’il faut continuer de faire grandir et adorer. La puissance du jeu et de ce qu’il représente :

because the moment you do but you don’t talk like you, you forgot where you came from. It takes courage.

La liberté qu’on a de créer des vagues de vitalité.

And i’m just wondering in this weak water-bound mediocre society that we live in today, in this reality TV world we are living today, I’m wondering if there’s anybody left that’s got the courage to say:

“After all I’ve been through, and all my ancestors have been through and all my parents have been through I didn’t come through all of that just to fit in with normacy. I have the courage to go after my dreams”

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